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Monter votre agent de veille métier

Un digest hebdomadaire écrit par Claude à partir de vos sources, et la définition de périmètre qui décide s’il sera lu ou archivé au bout de trois semaines.

Avancé 25 min5 etapes Verifie août 2026
ClaudeCowork

Douze newsletters sectorielles, souscrites une par une avec de bonnes raisons. Elles arrivent le mardi et le jeudi, on les ouvre en diagonale, on les archive. Et l’information qui comptait, la position d’une autorité, le texte qui change une pratique, on l’apprend trois semaines plus tard par un client au téléphone.

C’est le cas où la tâche planifiée de Claude (Cowork) tient sa promesse. Les sources d’une veille vivent hors de votre disque : sur le web, dans la boîte où arrivent les newsletters, dans vos services connectés. La tâche s’exécute dans le cloud, ordinateur éteint, et dépose son digest avant que vous arriviez.

Ce qui distingue ce tuto du précédent

Le tuto « Le rapport du lundi qui s’écrit tout seul » butait sur une limite : une tâche planifiée ne peut pas être liée à un dossier de votre ordinateur, et attend donc la machine allumée dès qu’il lui faut un fichier.

La veille échappe à cette limite par nature. Aucune de ses sources n’est sur votre disque.

Ce que ça fait

À l’heure que vous fixez, Claude parcourt vos sources, écarte ce que vous avez écrit ne pas vouloir lire, et vous rend une page de digest sourcée, ou vous dit qu’il n’y a rien.

Prérequis

  • Un compte Claude payant. Pro, Max, Team ou Enterprise ; sur Team et Enterprise, un paramètre d’administration décide de l’accès.
  • Des sources joignables sans votre machine. La recherche web suffit pour démarrer ; une boîte mail ou un Drive connectés élargissent le périmètre. Un dossier de votre disque, non.
  • Vingt-cinq minutes, dont une quinzaine sur l’invite. Aucune ligne de code : la difficulté est de rédaction.

Les étapes

  1. Écrire le périmètre avant de toucher à l’outil

    Ouvrez un document vide et tapez trois listes. Ce que vous voulez savoir, en objets précis : « les décisions de sanction de la CNIL », pas « l’actualité RGPD ». Ce que vous ne voulez pas savoir. Le niveau de détail attendu par ligne : trois phrases, ou une demi-page.

    La deuxième liste décide du sort de votre veille, et c’est la plus difficile à écrire. Sans critère d’exclusion, le digest sort à trente lignes dont vingt-huit ne vous concernent pas, et on l’archive au bout de trois semaines.

  2. Choisir les sources et les brancher

    Notez, en face de chaque objet de la première liste, par où Claude y accède. Ce qui est public et indexé passe par la recherche web, sans rien installer. Vos douze newsletters passent par un connecteur vers la boîte où elles arrivent, les documents partagés par un connecteur vers votre Drive. Ce qui vit derrière un portail professionnel payant n’a en général pas de connecteur.

    Ouvrez Personnaliser (Customize), puis Connecteurs (Connectors), cliquez sur le +, puis sur Parcourir les connecteurs (Browse connectors). Si votre fournisseur expose un serveur MCP joignable depuis internet, le tuto « Installer un connecteur qui n’est pas dans la liste » décrit la manip.

  3. Écrire l’invite de veille

    Une tâche planifiée ne garde aucune mémoire de la conversation où elle a été créée : chaque exécution repart de zéro, et ce que vous auriez précisé à l’oral doit être écrit. Recopiez le bloc ci-dessous et remplacez les crochets.

    Tu prépares la veille hebdomadaire de [cabinet, direction], lue par [qui].
    Période couverte : les sept derniers jours. Rien d’antérieur.
    Ce que je veux savoir : [liste 1, objet par objet].
    Ce que je ne veux pas : [liste 2 : commentaires de cabinets, annonces produit, reprises de presse sans source première, nominations].
    Sources : la recherche web sur [sites nommés], et les newsletters reçues dans ma boîte depuis lundi dernier.
    Format : cinq éléments au maximum, du plus au moins engageant pour nous. Pour chacun : un titre de dix mots, trois lignes de description, une ligne « pourquoi ça nous concerne », le lien de la source première et sa date.
    Longueur : 2 500 signes au maximum. Pas d’introduction, pas de synthèse finale.
    Un élément dont la source première n’est pas citable ne figure pas dans le digest.
    S’il n’y a rien de notable sur la période, écris « Rien de notable cette semaine » et arrête-toi là. Ne complète pas avec des sujets secondaires pour remplir.
    Dépose le digest dans la tâche, nommé Veille-AAAA-MM-JJ.

    Un agent à qui l’on demande cinq éléments par semaine en produira cinq, y compris les semaines creuses, en remontant des sujets tièdes au rang d’actualité. L’avant-dernière consigne, celle qui l’autorise à ne rien trouver, empêche votre veille de se remplir toute seule.

  4. Planifier la tâche

    Ouvrez Planifiées (Scheduled), cliquez sur Nouvelle tâche (New task), puis sur Configuration manuelle (Set up manually). La fenêtre demande un nom, l’invite, le mode d’approbation, la fréquence, et deux champs facultatifs : le modèle et le dossier de travail. Collez votre invite et laissez ce dernier vide : c’est lui, rempli, qui rattacherait la tâche à votre machine.

    Cinq réglages de fréquence sont documentés : toutes les heures, quotidiennement, hebdomadairement, les jours de semaine, ou manuellement. Le quotidien convient à un secteur qui bouge tous les jours, l’hebdomadaire au reste. La granularité documentée descend à l’heure, pas à la minute.

    Une veille qui se contente de lire et de rendre un texte tourne sur Ignorer toutes les approbations (Ignorer) ; dès qu’elle touche à des fichiers, Approuver manuellement (Manuel) est plus prudent, mais suppose que vous soyez devant l’écran. Puis Enregistrer (Save).

  5. Régler la veille sur les premières exécutions

    N’attendez pas le premier lundi. Depuis la page Planifiées, lancez la tâche à la demande (Run now) et lisez la sortie avec un crayon. Trois questions : combien d’éléments auriez-vous supprimés, combien manque-t-il, et les liens mènent-ils à la source première ou à un commentaire de seconde main.

    Chaque écart se corrige dans l’invite. Un élément hors sujet devient une ligne d’exclusion ; un digest trop long, un plafond de signes plus bas. La page Planifiées permet aussi de mettre la tâche en pause ou de la supprimer. Comptez trois ou quatre tours.

  6. Consulter la veille accumulée dans un artefact

    Facultatif, et réservé à l’application de bureau. Un artefact en direct est un tableau de bord HTML qui vit dans la vue Artefacts (Artifacts) de la barre latérale et récupère les données de vos applications connectées à chaque ouverture. Demandez-le dans une tâche, ou passez par Nouvel artefact (New artifact), puis Créer un artefact Cowork (Create Cowork artifact).

    Ses restrictions sont sérieuses : ni web ni mobile, il ne vous suit pas d’un appareil à l’autre, et sur Pro et Max il ne peut être ni partagé ni publié. Il utilise aussi les connecteurs approuvés sans redemander l’autorisation.

Pour tester

Trois demandes à formuler dans une tâche Cowork avant de planifier, pour mesurer ce que Claude atteint chez vous.

« Cherche ce qui a été publié ces sept derniers jours sur les obligations de vigilance des donneurs d’ordre envers leurs sous-traitants. Cinq éléments au maximum, chacun avec sa source et sa date. S’il n’y a rien, dis-le. »

« Dans ma boîte mail, prends les newsletters reçues depuis lundi et retiens seulement ce qui touche le secteur médico-social. Écarte les invitations à des webinaires et les annonces de nomination. »

« Reprends les publications de l’ACPR et de l’AMF du mois écoulé et dis-moi lesquelles appellent une note interne au cabinet, une phrase de justification chacune. »

Bon à savoir

Une veille automatique consomme de l’usage à chaque exécution. Cowork consomme déjà plus qu’une conversation ordinaire, et une tâche planifiée remet ce coût à chaque passage : quatre fois par mois en hebdomadaire, une vingtaine les jours de semaine. Une veille quotidienne se sent dans les plafonds d’un plan Pro, et une tâche oubliée continue de consommer.

Une veille branchée sur votre boîte fait lire la correspondance de tiers. Les messages parcourus à chaque exécution sont traités sur les serveurs d’Anthropic, et vos clients ne vous ont pas écrit en le prévoyant. L’arbitrage se pose avant la manip, pas après. Les tutos « Brancher Claude à votre boîte mail et votre Drive » et « Ce que Claude voit vraiment de vos fichiers » posent le cadre.

Elle ne remplace pas les sources primaires officielles. Pour un professionnel du droit ou du chiffre, un digest est un signal, pas une référence. Un élément repéré se vérifie à la source, texte en main, avant d’entrer dans un dossier ou un conseil. La règle vaut pour la version en vigueur d’un texte et sa date d’entrée en application, que la veille rapporte de travers sans prévenir.

NPPT — Notes pour plus tard
Tuto vérifié le 10 août 2026. Les interfaces évoluent : en cas d’écart, la documentation officielle fait foi.
Sources : centre d’aide Claude, « Planifier des tâches récurrentes dans Claude Cowork » et « Utiliser les artefacts en direct ».